L'histoire du manoir de Kerat

DEPUIS LE XIIIème SIECLE

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Le contexte historique de sa fondation

Le Manoir de Kerat est une demeure noble dont le rez-de-chaussée remonte probablement au Xème siècle et dont la surélévation menée par le Seigneur Redoret date des années 1390. Vers 1480, grâce au mariage purement stratégique de Perrine Redoret, dame de Kerhat, avec Jean d’Arradon, Seigneur de Keran, les deux Seigneuries sont installées à Keran et le regroupement des terres est immédiatement effectué. Le statut de Kerat va passer de Seigneurie à Manoir.

C’était une époque de crises longues, simultanées et terrifiantes: crise sanitaire due aux ravages causés par la peste noire qui tuait une personne sur deux (1350), crise morale persistante avec deux papautés (1305) dont une en Avignon débouchant en 1378 sur le Grand Schisme d’Occident, et enfin mais pas la moindre, la crise de succession pour la couronne française: en l’absence de descendance mâle, elle était convoitée par les Capétiens Valois (France) et les Plantagenets (descendants de Guillaume le Conquérant, normand qui avait conquis l’Angleterre au XIème siècle) qui tous deux pouvaient la revendiquer compte tenu des nombreux mariages intervenus depuis entre les deux couronnes, débouchant en 1340 sur la guerre de 100 ans.

La Bretagne, sous domination anglaise depuis 1150, deviendra une pièce maitresse dans la guerre opposant la France à l’Angleterre, étant dans un camp ou dans l’autre au grès du jeu des alliances, pour être rattachée définitivement à la couronne de France lors du mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII à la fin du XVème siècle.

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La Renaissance et l'évolution du Manoir

Au XVIe siècle, avec l’arrivée de la Renaissance conjointe à la paix (les Anglais ayant été boutés hors de France), le Manoir perd sa fonction défensive et s’ouvre vers l’extérieur. Deux fenêtres à meneau viennent égayer la façade austère et apporter de la clarté dans la salle principale; une seule d’entre elle est restée en l’état.

 

Le grand intérêt architectural du Manoir de Kerat, outre la qualité de sa construction et l’authenticité générale du bâtiment, réside dans le contraste entre  une structure d’habitat très traditionnel et conforme à ce qui se faisait à l’époque, avec une façade de 28 mètres de long et ses souches de cheminées rondes d'une part avec par ailleurs une grande modernité, comme les deux escaliers parfaitement symétriques à vis dans œuvre (c.à.d. intégrées à même les murs d’enceinte), les cheminées intérieures totalement incorporées aux murs et les latrines à l’étage (aujourd’hui disparues).

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Son rôle de la guerre de Cent Ans jusqu'au XVIè

Les solides fondations d’une bâtisse furent choisies pour y édifier le Manoir. La localisation était  idéale, dominant la mer d’un côté et les marécages de l’autre ; en outre sa localisation en bordure de la route (détournée depuis) allant du village au port (la Pointe d’Arradon, chemin d’embarquement pour l’Ile aux Moines), lui permettait d’en contrôler stratégiquement le trafic.


Les murs d’enceintes très larges, (certains ayant plus de 1,30 mètre d’épaisseur), les deux ouvertures en forme d'archère sur la façade ouest, l’absence de grandes fenêtres ouvrant sur l’extérieur indiquent que le Manoir avait un rôle défensif. 

 

Pourquoi cette Seigneurie aurait-elle eue vocation à être défensive? Lors des multiples sièges de la ville de Vannes (pendant la guerre de cent ans, puis même jusqu’au début du 16eme siècle ; 3 fois en 1490 !) les armées en présence, qu’elles soient anglaises, françaises ou même bretonnes, composées d’une dizaine de milliers de soldats, voire même jusqu’à 50.000, devaient être approvisionnées en nourriture. Aussi quelques centaines de cavaliers étaient détachés pour aller piller quotidiennement la campagne avoisinante. Le Manoir défensif n’était donc pas destiné à soutenir un siège, d’où l’absence de fortifications, mais à temporairement, du moins le temps de la razzia, protéger ses paysans et son bétail (et son Seigneur bien évidemment !).

 

Les escaliers pouvant se verrouiller et les chambres à l’étage étant dotées d’archères intérieures, les assaillants qui avaient réussi à pénétrer au rez-de-chaussée dans la grande salle restaient sous le tir des flèches des habitants réfugiés à l’étage.

 

Les trous de boulins sous la toiture sont nombreux et imposants. Il s'agit de nichoirs à pigeons disposés sur deux à trois rangées. L’élevage du pigeon était un des nombreux privilèges de la noblesse, privilège aboli en 1789. Le nombre de trous de boulins était particulièrement réglementé: il devait être proportionnel à la surface cultivable que possédait la Seigneurie (soit environ un nichoir par demi-hectare). Le Manoir de Kerat affichant plus de 200 trous de boulins était donc l’une des seigneuries les plus riches et importantes du Vannetais.

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LE MANOIR AUJOURD'HUI

CALME AUTHENTICITE ET PUISSANCE

Réhabilité au fur et à mesure des années par les actuels propriétaires, le manoir vous accueille

To be continued

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